Cellule 211

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Messagepar BRUNO MATEI » 08 Mars 2012, 07:32

CELLULE 211
Réalisateur: Daniel Monzon.
Année: 2009.
Origine: France/Espagne.
Durée: 1h50.
Distribution: Carlos Bardem, Luis Tosar, Alberto Ammann, Marta Etura, Antonio Resines, Luis Zahera, Manolo Solo, Félix Cubero, Jesus Carroza, Joxean Bengoetxea, David Selvas.

Sortie salles France: 4 Août 2010

FILMOGRAPHIE: Daniel Monzon est un réalisateur, scénariste et acteur espagnol, né en 1968.
2000: Le Coeur du Guerrier
2002: El robo mas grande jamas contado
2006: The Kovak Box
2010: Cellule 211

Multi récompensé dans son pays d'origine mais passé inaperçu et déprécié dans l'hexagone bien pensante, Cellule 211 est un film de prison alternant action incisive et dramaturgie psychologique au fil d'une narration inopinée davantage en chute libre.

Pour sa première journée de service, un nouveau gardien de prison se retrouve embrigadé dans une émeute pénitentiaire. Pour sauver sa peau, il est contraint de se faire passer pour un détenu aux yeux des prisonniers délibérés à obtenir leur requête. Alors que les forces spéciales sont prêtes à intervenir, un évènement inopiné va totalement changer la donne et semer l'anarchie la plus désordonnée dans les deux camps adverses.

De manière ludique mais réaliste, cette série B rondement menée entame sa première partie avec assez d'efficience et un pitch astucieux pour embarquer le spectateur dans un film de prison plutôt prenant. D'autant plus que la confrontation entre nos deux protagonistes antinomiques ne manquent pas d'intensité dans leur relation ombrageuse davantage équivoque.
A cause d'un accident aléatoire et d'une violente émeute engagée en interne d'un pénitencier, un gardien de prison va devoir s'affilier avec un leader contestataire pour tenter d'étouffer la vérité sur sa propre identité. Alors que quelques geôliers et membres de l'ETA sont retenus en otage par les insurgés, les forces spéciales sont sur le point d'entamer un assaut. A l'extérieur, une manifestation de citadins ainsi que les familles des détenus bat son plein autour de l'enceinte. Le gouvernement décide donc de déployer une cohorte de CRS pour tenter d'apaiser la situation.
Voilà pour la mise en place de l'intrigue accentuée par la caractérisation autoritaire et fraternelle de nos deux anti-héros finalement conciliés dans une confiance commune. Mais un évènement dramatique impondérable va totalement reconsidérer la conspiration, tandis que les rôles majeurs vont considérablement s'inverser et se combiner.

C'est à ce moment propice que Cellule 211 va prendre une ampleur psychologique considérable dans le profil galvaudé d'un des protagonistes principaux. Dès lors, la frontière entre le bien et le mal commence sérieusement à régresser pour compromettre chaque protagoniste davantage déconsidéré. L'avènement du chaos semble être la pire solution à tolérer, sachant en outre que notre gardien de prison est à deux doigts de se faire démasquer sur sa véritable identité !
Chaque camp adverse (les représentants de l'ordre contre les marginaux pourfendeurs) va donc devoir user de ruse perfide pour tenter de gagner la partie et ainsi préserver sa propre hiérarchie.
La où le film gagne en intensité dramatique et suspense tranchant, c'est dans la démarche immorale et manipulatrice que se résigne chaque témoin contradictoire pour tenter de s'extraire du conflit. La tragédie humaine qui en découle est sévèrement prescrite par le sort réservé à ce gardien de prison déchu. Un pion meurtri devenu en l'occurrence contre sa moralité un véritable détenu aussi délétère et forcené que ses voisins de cellule. Les rapports affectés qu'il entretient avec son coéquipier permettent d'établir un rapport trouble, voir empathique dans leur relation autoritaire, partagée entre le sentiment d'iniquité, la suspicion et la vengeance. Quand au nihilisme du point d'orgue fortuit, il réfute admirablement l'esbroufe spectaculaire au profit d'un conclusion immorale, gangrenée par l'opportunisme et la traîtrise de l'homme.

Captivant et davantage haletant dans les enjeux sévèrement encourus, Cellule 211 est un excellent film d'action subversif dans son immoralité revendiquée par l'orgueil de l'équité tendancieuse. Il s'enrichit d'un drame humain particulièrement poignant dans sa seconde partie démontrant avec acuité que l'individu lambda peut un jour bafouer sa liberté pour le compte de la partialité et la rancoeur vindicative. Le réalisateur tend également à souligner les conditions inhumaines entretenues aux détenus quand ils sont amenés à contracter une pathologie grave en interne de leur cellule. Quand aux interprètes tous excellents de prestance virile par leur trogne patibulaire, Carlos Bardem et Luis Tosar mènent leur insurrection avec un charisme indéfectible.
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BRUNO MATEI
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