Le Camion de la Mort

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Messagepar BRUNO MATEI » 31 Décembre 2011, 07:43

LE CAMION DE LA MORT
Titre d'Origine: Battletruck / Warlords of the 21st Century
Réalisateur: Harley Cokliss.
Année: 1982.
Origine: Nouvelle Zélande.
Durée: 1h33.
Distribution: Michael Beck, Annie McEnroe, James Wainwright, Bruno Lawrence, John Bach, Randy Powell.

Sortie en salles en France le 2 janvier 1983

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Harley Cokliss est un réalisateur, scénariste, acteur et producteur américain, né le 11 Février 1945 à San Diego (Californie)
1976: The Battle of Billy's Pond
1977: Glitterball
1979: That Summer
1982: Le Camion de la mort
1986: Sans Issue
1987: Malone, un tueur en enfer
1988: Dream Demon
1994: Hercule et le royaume oublié (télé-film)
2000: Pilgrim
2002: An angel for may (télé-film)
2010: Paris Connections

Un an après le phénomène Mad-Max 2, une ribambelle de sous-produits aux budget dérisoire vont proliférer spécialement du côté du pays transalpin. Des séries Z risibles interprétées par des tacherons alors que les affiches aguicheuses inspirées de l'univers de la BD vont tenter de falsifier leur précarité dévalorisante. Néanmoins, quelques nanars impayables sortent du lot et vont marquer les esprits nostalgiques d'une époque révolue affiliée au post-nuke. Les Guerriers du Bronx, Cherry 2000, Le Gladiateur du futur et surtout le Guerrier de l'espace et 2019, après la chute de New-York restent sans conteste les plus beaux fleurons bisseux du genre destroy.
En 1982, c'est au tour de la nouvelle zélande de tenter d'y apporter sa vision désenchantée d'un monde barbare avec une série B au budget un peu plus étoffé et finalement récompensée du Prix Spécial du Jury à Avoriaz. En l'occurrence, on se demande comment une oeuvre basique dénuée de surprise, aussi sympathique soit-elle, ait pu remporter une récompense aussi prestigieuse !

Dans une époque futuriste le colonel Straker sillonne les contrées désertiques des Etats-Unis à bord d'un gigantesque camion pour la quête de carburant en perdition. Avec une bande de hors la loi, il sème la terreur auprès des rares survivants pour imposer sa hiérarchie dictatoriale. Mais un solitaire du nom de Hunter décide de contrecarrer ses ambitions véreuses en l'affrontant à bord de sa moto futuriste.

Totalement occulté de nos jours après avoir déjà sombré dans l'oubli depuis son échec en salles, Le Camion de la Mort est une modeste série B qui se démarque un peu du genre bisseux par la prestance de comédiens honorables et d'une mise en image plus assidue. L'intrigue pompée sur le film phénomène de George Miller est une relecture champêtre de Mad-Max (bien qu'ici, l'antagoniste mégalo possède les reines du camion blindé !) avec beaucoup moins d'ambition dans sa tentative vaine de renouer avec l'action cinglante et les cascades insensées les plus ébouriffantes de son modèle. Néanmoins, ce petit métrage attachant émaille à intervalle régulier plusieurs affronts de gunfights parfois violents et quelques futiles cascades bricolées, de manière à maintenir l'intérêt amusé du spectateur. La présence sympathique de comédiens à la trogne photogénique comme Michael Beck (les Guerriers de la nuit), Annie McEnroe (les Marais de la mort, la Main du cauchemar) ou encore James Wainwright (Un Shérif à New-York) réussissent également à apporter un cachet de conviction pour leurs enjeux octroyés à une denrée de carburant ou une ambition de survie.
Scandé par une partition musicale planante (Tangerine Dream s'en fait presque l'écho), l'ambiance post-apocalypse qui en émane possède un charme désuet tout à fait attrayant pour accentuer le climat de désuétude d'un environnement solaire jalonné de plaines clairsemées.
A la manière d'un western classique, cet affrontement primitif entre une bande de survivants pacifistes subordonnés à un héros valeureux s'opposant à la hiérarchie tyrannique d'une troupe de hors la loi régie par l'odieux colonel Straker rivalise de péripéties frivolement haletantes pour tenter d'imposer leur autonomie. Pour attendrir l'intrigue virile, une idylle amoureuse est entreprise avec la fille docile du leader sans vergogne éprise d'affection pour notre motard jamais à court de carburant !

Mené à un rythme suffisamment vigoureux et efficacement conduit, le Camion de la Mort est le genre de bisserie naïve privilégiée aujourd'hui par son charme gentiment désuet et son ambiance décharnée immersive. Un western futuriste d'une simplicité désarmante (bien qu'il sous entend une réflexion sur la mégalomanie du pouvoir) mais paradoxalement attachant pour ne paraître jamais ennuyeux, même si en l'occurrence il ne pourra que contenter les nostalgiques d'une époque révolue.
Quand à son prix ovationné à Avoriaz, il restera pour ma part un mystère insondable.
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BRUNO MATEI
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