Breaking Point

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Messagepar BRUNO MATEI » 03 Mars 2012, 07:37

BREAKING POINT (Les suédoises/Elles lui ont toutes appris)
Réalisateur: Bo Arne Vibenius (pseudo: Ron Silberman Jr).
Année: 1975.
Durée: 1h30.
Origine: Suède.
Distribution: Andreas Bellis, Irena Billing, Barbara Scott, Per-Axel Arosenius, Susanne Audrian.

Avertissement: Film à caractère pornographique interdit au moins de 18 ans.

FILMOGRAPHIE: Bo Arne Vibenius est un réalisateur, scénariste, producteur, acteur suédois, né le 29 Mars 1943.
1969: Hur Marie Traffade Fredrik
1974: Thriller. Crime à froid (sous le pseudo Alex Fridolinski)
1975: Breaking Point

Un an après le cultissime Thriller (Crime à Froid) et sa descente aux enfers d'une justicière borgne, le réalisateur hybride Bo Arne Vibenius renoue avec la déviance pornographique et les climats blafards particulièrement glauques et malsains. Sauf qu'en l'occurrence, Breaking Point se distingue par une ironie caustique à la limite de la loufoquerie. Cynique et immoral, ce trip schizo jalonné de séquences X pourrait même être taxé d'apologie au viol par les ligues intégristes s'ils n'avaient pas perçu (ou encaissé) son caractère aussi sarcastique que risible.

Bob Bellings est un comptable timoré et introverti, travaillant parmi l'assemblée d'une gente féminine condescendante. Célibataire inflexible, il vit reclus dans son appartement discret parmi sa passion ludique des locomotives électriques. A la tombée de la nuit, il se laisse guider par ses fantasmes sexuels privilégiés par l'harmonie d'une société sans moralité.

Attention aux âmes prudes car Breaking Point rivalise d'audace putanesque dans ses rêveries pornographiques et son aura perverse retranscrite avec verdeur par le profil refoulé d'un bureaucrate impassible. Cette oeuvre incongrue ne ressemble à aucune autre tant elle met en évidence la personnalité au vitriol d'un cinéaste marginal adepte du politiquement incorrect. Un alchimiste inspiré par ses expérimentations visuelles et d'un florilège d'idées saugrenues afin d'amplifier un climat effronté éludé d'éthique.
Son atmosphère blafarde exacerbée par une photographie terne nous plonge dans une ambiance aussi feutrée qu'hallucinée, tandis que les frasques meurtrières et sexuelles de notre anti héros nous désarçonne par son instinct déluré et ses mesquineries machistes (sa semence séminale versée dans la tasse à café d'une secrétaire en guise vindicative !).
L'originalité insolite est de mise dans ce mélange judicieux de genres hétéroclites. On passe constamment de la comédie à la pornographie, en passant par le polar et la violence parfois sordide (le préambule expérimental convergeant à un assassinat crapuleux). Si Breaking Point se révèle si hors normes et extravagant, c'est également grâce à son score musical en demi-teinte composé par Ralph Lundsten, alternant le décalage récursif d'une mélodie enjouée ou les résonances dérangées d'échos interlopes.

En prime, l'interprétation photogénique de l'acteur grec Andreas Bellis doit beaucoup au caractère ludique de cette dérive frénétique. Que ce soit pour ces talents d'hardeur (non simulé) dans ces galipettes impromptues mais aussi et surtout pour son inquiétante physionomie studieuse d'un authentique pervers fébrile. Tour à tour névrosé et introverti dans sa vie morne de comptable sans identité, car tributaire d'une hiérarchie féministe, il se laisse totalement affranchi par ses fantasmes nocturnes sitôt réfugié dans sa solitude d'un appartement étriqué.

Oeuvre pornographique cynique et débridée, Breaking Point est une expérience extrême insoluble à évacuer de la mémoire tant elle marque de son aura malsaine un délire assumé à ne surtout pas prendre au premier degré. L'originalité de sa mise en scène excentrique, le ton décalé des divers genres combinés et l'interprétation indéfectible d'Andreas Bellis concèdent à un ovni versatile, à découvrir avec prudence pour les non avertis (ou avec insouciance face aux aguerris !).
A privilégier en tous cas à un public adepte de déviance jusqu'au-boutiste.
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BRUNO MATEI
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