BELLFLOWER, de Evan Glodell, 2011

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BELLFLOWER, de Evan Glodell, 2011

Messagepar Lan » 17 Mars 2012, 12:17

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Ecrit par Evan Glodell
Avec Evan Glodell, Tyler Dawson, Jessie Wiseman

Année : 2011
Pays : USA
Durée : 106 min

L'HISTOIRE
Woodrow et Aiden, deux amis un peu perdus et qui ne croient plus en rien, concentrent leur énergie à la confection d'un lance-flammes et d'une voiture de guerre, qu'ils nomment "la Medusa". Ils sont persuadés que l'apocalypse est proche, et s'arment pour réaliser leur fantasme de domination d'un monde en ruine. Jusqu'à ce que Woodrow rencontre une fille... Ce qui va changer le cours de leur histoire, pour le meilleur et pour le pire.

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.: LA CRITIQUE
"BELLFLOWER" est le premier long-métrage d'Evan Glodell et le fruit de 8 longues années d'écriture ! Projet très personnel pour le réalisateur − également scénariste, producteur, acteur principal et monteur, qui a par ailleurs fabriqué lui-même divers accessoires (caméras, lance-flamme, voiture customisée...) − imaginé après une rupture sentimentale particulièrement pénible, le film mêle d'une manière assez inattendue romance, drame, violence et folie dans une atmosphère étrange, quelque part entre rêve et cauchemar.

Nous suivrons dans un premier temps les délires de Woodrow et Aiden, deux potes inséparables et désœuvrés, fascinés par "MAD MAX" depuis toujours, qui passent le plus clair de leur temps à bricoler un lance-flammes et la bagnole de leur rêve afin de dominer le monde en cas d'apocalypse. Mais le véritable danger viendra moins d'une potentielle fin du monde que de l'effondrement de celui du héros, le jour où il surprendra sa petite amie avec un autre...
Aussi inclassable qu'hypnotique, "BELLFLOWER" nous plonge dans l'univers nostalgique et torturé d'un jeune homme à la dérive. Sans aucun réel repère social au départ, Woodrow va s'accrocher à Milly, une jeune fille rencontrée dans un bar avec laquelle il vivra une idylle passionnée, laissant de côté ses projets fous de gang infernal.

Durant la majeure partie, on se demande où tout cela va mener, se contentant d'admirer la mise en scène stylisée (mais jamais prétentieuse) du film, et de s'imprégner des émotions intenses que vivent les différents personnages, bercés par la bande originale envoutante de Jonathan Keevil, sorte de Johnny Cash des temps modernes. L'image tantôt tremblante, tantôt floue, granuleuse ou tachée, jaunie et poussiéreuse telle une vielle photographie, génère un sentiment de mélancolie constant, comme le signe avant-coureur d'un drame à venir encore impalpable.
D'un road trip improbable vers le resto le plus miteux du Texas à bord d'une voiture dotée d'un distributeur de whisky jusqu'à l'explosion de violence destinée à exorciser une douleur insupportable, l'odyssée en six actes de Woodrow est à la fois ancrée dans la réalité et mâtinée d'ombres surréalistes. A chacun de se forger sa propre interprétation devant la confusion des images et le chaos émotionnel du protagoniste trahi, en proie à ses obsessions.

Avec son micro budget avoisinant les 17000 dollars, "BELLFLOWER" est la preuve qu'avec beaucoup de détermination, de débrouillardise, d'inspiration et de passion, il est possible de concrétiser un film indépendant de qualité, avec de jeunes acteurs débutants tout bonnement surprenants ! Une très belle surprise !

Note de Lan : 8 sur 10

Critique du film "BELLFLOWER"
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Messagepar BRUNO MATEI » 20 Mars 2012, 07:41

Avec un budget de 17 000 dollars, le néophyte Evan Glodell entreprend pour son premier long l'argument autobiographique d'une love story traitée de manière peu commune dans sa mise en scène hybride afin de mieux bousculer les attentes traditionnelles du spectateur.

Deux amis de longue date entreprennent de façonner un lance-flamme et un véhicule motorisé en guise d'ennui. Mais l'arrivée aléatoire d'une blonde aguicheuse va compromettre leurs ambitions et faire sombrer l'un des acolytes dans une déchéance psychologique suicidaire.

Autant avertir de suite les amateurs d'esbroufe avides de pyrotechnie et d'action homérique qui se seraient laissés séduire par son affiche prometteuse, Bellflower est l'antinomie d'un spectacle explosif conçu pour rassasier son public modèle.
Cette production indépendante réalisée avec peu de moyens fait figure d'ovni intimiste dans sa douloureuse introspection d'un quidam noyé d'amertume suite à une déception amoureuse. Traité de manière insolite par une réalisation anti conformiste oscillant les ruptures de ton et visuellement criarde (saturation de teintes ocres et jaunes fluos), Evan Glodell nous oriente vers une fragile odyssée humaine sur fond d'éloignement existentiel.
De prime abord, on se croit embarquer dans une comédie tendre et futile avec les flâneries récurrentes de deux amants épris d'amour l'un pour l'autre. A la manière d'un documentaire pris sur le vif, le réalisateur s'attache à nous décrire avec humanité fébrile le destin aigri de deux comparses juvéniles en quête de reconnaissance. Woodrow et Aiden sont des chômeurs passionnés par la saga post-nuke de Mad-Max, et en particulier du personnage asocial Humungus, fuyant l'ennui de l'existence par la construction d'un lance-flamme et d'une voiture vrombissante. En soirée festive, après une rencontre impromptue dans un bar, l'amour frappe à la porte de Woodrow. Depuis, l'homme ne jure que par la probité de son idylle naissante jusqu'au jour où toutes les meilleures choses ont une fin.
Durant une majeure partie du récit, on se demande alors où le réalisateur souhaite en venir avec cette idylle romanesque finalement mise en exergue sur le fiasco. Puis, de manière insinueuse et avec l'originalité d'une mise en scène sporadique et expérimentale, c'est le profil désemparé d'un quidam déchu, trahi par l'adultère qui nous ait illustré dans une ambiance délétère davantage en chute libre.

Et plus la déchéance déshumanisée de Woodrow se chemine vers la régression, plus le film s'aventure vers les sentiers ombrageux d'une errance nocturne vindicative. ATTENTION SPOILER !!! Mais derrière ces sentiments cinglants de rancoeur et de révolte s'occulte en faite un simulacre afin de mieux scander l'esprit bafoué d'un homme meurtri refusant d'admettre l'escroquerie d'un amour infidèle. Une introspection nihiliste de ses sentiments de dépit vécus de manière explicite en interne de son psyché sinistré. FIN DU SPOILER.
Il en ressort au final une oeuvre chétive, le sentiment peu commun d'avoir assister à une tragédie sentimentale profondément touchante à travers cette fuite désespérée. La quête existentielle de deux acolytes fuyant la monotonie de leur réalité par l'utopie, parce que songeurs d'horizons clairsemées.

L'achèvement d'Humungus
A travers cette errance urbaine chancelante, le réalisateur Evan Glodell se réapproprie des conventions du genre pour transcender la love story balisée dans une mise en scène fluctuante, ébranlant nos habitudes commodes de spectateur. Avec une humanité vulnérable, Bellflower traite donc du deuil délicat, difficilement surmontable d'une rupture amoureuse. Mais également des valeurs notables de l'amitié entre la fraternité de nos deux héros dépités et de leur quête autoritaire à retrouver une certaine virilité (d'où leur affection partagée avec le personnage redouté d'Humungus). Sa mise en scène novatrice, l'intelligence et l'originalité de sa structure narrative, la bonhomie naturelle des personnages et l'esprit libertaire qui en émane en font une oeuvre forte, où la rancoeur intrinsèque s'extériorise finalement par l'essence candide d'une rédemption.

P.S: J'avertis quand même la populace qu'une grosse majorité du public risque de trouver l'aventure vaine, chiante et sans intérêt que de conter une histoire navrante d'idylle rébarbative.
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Re: Bellflower

Messagepar jaimelaviande » 11 Octobre 2012, 13:48

Très très déçu par la fin un peu trop feu d'artifice. C'est d'autant plus dommage qu'il y'a des tas de bonnes choses dans ce film. A commencer par le très attachant portrait des deux potos ainsi que la vénéneuse Jessie Wiseman.
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