Cinquième réalisation des frères Coen, Barton Fink est une singulière comédie dramatique dans laquelle l'on ne sait trop quoi discerner; pamphlet à l'encontre du business d'Hollywood ou simple délire en roue libre caractéristique du style de ses deux auteurs ? Après Blood Simple, génialissime polar noir, la - décevante - comédie Arizona Junior ou encore le film de gangsters historique Miller's Crossing, les frangins optent pour un certain mélange de genres tout en radicalisant leur univers. Quoiqu'il en soit, en l'occurrence la sauce ne prend pas, la faute à une multiplication de longueurs que l'on voudrait sans doute faire passer pour de subtils élans de parodie décalée. La durée du film paraît ainsi interminable et la prestation de John Turturro en écrivain tourmenté irrite vite. On lui préférera d'ailleurs le personnage de John Goodman, excellent en voisin de chambre dhôtel à la fois débonnaire et énigmatique.
La première heure de Barton Fink, d'un déplorable ennui, se révèle presque un calvaire à suivre. Heureusement que les trente dernières minutes sortent quelque peu l'ensemble de sa torpeur à défaut de le transcender, avec une pincée de suspense et d'humour bien senti.
Loin d'un Fargo ou dun The Big Lebowski, ce Barton Fink dont on s'étonnera de la Palme d'Or qui lui fût accordée au Festival de Cannes en 1991 s'avère à peu près aussi passionnant qu'un épisode de Derrick. Les frères Coen ont fait nettement mieux et plus d'une fois.
4/10





