Bad Boy Bubby

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Messagepar BRUNO MATEI » 02 Novembre 2011, 08:00

BAD BOY BUBBY
Réalisateur: Rolf De Heer.
Année: 1993.
Origine: Australie/italie.
Durée: 1h52.
Distribution: Nicholas Hope, Claire Benito, Ralph Cotterill, Carmel Johnson, Syd Brisbane, Nikki Price, Norman Kaye, Paul Philpot, Peter Monaghan, Natalie Carr.

Sortie en salles en France le 1 novembre 1995. U.S: 26 Avril 2005

Récompenses: Prix Spécial du Jury à la Mostra de Venise en 1993.
Prix du Meilleur Réalisateur, meilleur scénario, meilleur montage et meilleur acteur pour Nicholas Hope lors des Australian Film Institute Awards en 1994.
Prix du Meilleur Film, Meilleur Acteur, Meilleure Mise en scène au Festival du film de Seattle en 1994.
Prix du Public, Prix RFM, Prix des Etudiants, Prix Spécial du Jury au Festival d'action et d'Aventures de Valenciennes en 1995.
Prix Très Spécial à Paris en 1995

FILMOGRAPHIE: Rolf De Heer est un réalisateur, producteur, scénariste et compositeur australien d'origine néerlandaise, né le 4 Mai 1951 à Heemskerk (Pays-Bas).
1984: Sur les ailes du tigre. 1988: Encounter at Raven's Gate. 1991: Dingo. 1993: Bad Boy Bubby.
1996: La Chambre Tranquille. 1997: Epsilon. 1999: Dance me to My Song. 2001: Le Vieux qui lisait des romans d'amour. 2002: The Tracker. 2003: Le Projet d'Alexandra. 2006: 10 canoës, 150 lances et 3 épouses.

En 1995 sort dans une quasi indifférence générale un long métrage australien d'un réalisateur hétérogène d'origine néerlandaise. Inondé de récompenses dans divers festivals du monde entier, Bad Boy Bubby va rapidement gagner au fil du bouche à oreille un statut notable d'ovni hybride dérangeant et sordide mais transcendé d'une humanité bouleversée par l'existence incongrue de Bubby.

Bubby est un homme de 35 ans vivant reclus comme un animal en claustration dans un sordide foyer familial régi par une mégère incestueuse. Emprisonné, maltraité et esclave de cette marâtre tyrannique, il est acculé de rester cloîtré dans cet environnement crapuleux avec pour seule compagnie un chat de gouttière. Un jour, jalousé des retrouvailles inespérées d'un père alcoolique éclipsé depuis des décennies, il décide de se rebeller et franchir les extérieurs industriels de sa bâtisse.

Eprouvant, profondément malsain et dérangeant, la première demi-heure de Bad Boy Bubby rivalise d'ambiance licencieuse dans son environnement restreint d'un foyer délabré épouvantablement insalubre, où quelques cafards rampent sur un sol poussiéreux parmi la présence d'un chat maltraité, séquestré dans une petite cage.
La mère de Bubby, tortionnaire impassible immorale et perverse, abuse sexuellement de son fils inculte en déficience intellectuelle et lui impose la journée de rester assis sur une chaise durant ses absences prolongées. Parfois, elle pratique sur son rejeton un étouffement lattent en lui obstruant la bouche et le nez afin de lui porter conscience que la vie extérieure suffocante est un perpétuel danger létal.
Pour sortir de sa baraque désaturée, elle se déplace donc en ville avec l'aide d'un masque à gaz afin de feindre à son fils que la vie urbaine est empoisonnée à proximité des bâtiments industriels pollués.
Abruti par une existence inerte éludée de toute compassion, d'amour et de notion du Bien et du Mal, Bubby perdure son ennui de manière innée alors que son seul loisir est d'asphyxier un chat domestique en guise influente de curiosité morbide. A ce sujet, ces séquences dérangeantes extrêmement crues et choquantes sont d'un réalisme si effrayant que l'on peine à suggérer s'il s'agit d'un véritable chat volontairement maltraité pour atteindre de manière viscérale le spectateur sévèrement rebuté.
C'est avec l'arrivée inopinée de son père alcoolique tout aussi éludé d'une éventuelle moralité que Bubby décide de s'extérioriser en adoptant l'attitude débauchée de l'amant effronté profitant sexuellement de sa dulcinée.
Après les avoir étouffé durant leur sommeil en guise vindicative, Bubby peut enfin découvrir un nouveau monde urbain matérialisé à l'extérieur de son foyer.

Après nous avoir fait vivre dans un souci documentaire ombrageux (comparable au climat atypique de Eraserhead de Lynch) le quotidien sordide d'un homme réduit à l'état animal, le réalisateur va insinueusement nous mener vers sa quête initiatique sensiblement raisonnée. Le profil halluciné d'un homme infantile comparable au monstre de Frankenstein dans son innocence candide éludé de manichéisme et rencontrant au hasard des rues des quidams marginaux paumés ou révoltés, des intégristes religieux rétrogrades, des artistes bénévoles et des handicapés dystrophiés.
Durant ce parcours impondérable d'un homme autrefois refoulé, brutalisé et psychologiquement torturé, Rolf De Heer filme avec un ton corrosif souvent acide le portrait poignant d'un être esseulé perdu au milieu d'une jungle urbaine ou les citadins occupent leur temps à trouver un intérêt métaphysique à leur existence dubitative.
A la manière d'un poème caustique illustrant de manière décalée et couillue l'absurdité de l'existence humaine, Bad Boy Bubby est un magnifique récit initiatique vers le chemin de la raison docile.
En fustigeant la religion responsable du fondamentalisme conservateur soumis aux citoyens les plus traditionnels, cette oeuvre hybride est également un hymne à la liberté épanouie quand l'amour salvateur et l'inculcation permettent l'émancipation de l'homme communié avec une femme repentie.

Dans un rôle d'ahuri incontrôlé et maladroitement bêtifiant, Nicholas Hope époustouffle dans sa prestance innée de clochard illuminé par les merveilles d'un monde railleur. Il apporte durant son cheminement fantasque un message de tolérance pour le droit à la différence, un témoignage libertaire pour les exclus excentriques par la fraternité et surtout une quête existentielle pour l'accomplissement de sa postérité. Par le soutien d'individus lambda affectés par sa condition d'homme virginal, ses rencontres aléatoires vont lui permettre de favoriser une voie idéale vers la rédemption sociale.

De prime abord choquant, déstabilisant, glauque, voir malsain dans une première partie claustrophobe proche du marasme, le film de Rolf De Heer adopte une mise en scène originale inscrite dans la crudité et l'authenticité pour dépeindre avec une sensibilité toute viscérale un monde aliénant emprisonné dans sa quotidienneté orthodoxe ou débauchée.
Caustique, désincarné, débridé, poétique, fulgurant, drôle et profondément bouleversant de par l'interprétation fébrile d'un acteur méconnu parfait dans son naturel infantilisé, Bad Boy Bubby est le genre de métrage couillu, anti-conformiste, réfutant les conventions traditionnelles de l'outil cinématographique pour transcender le portrait empathique (mais jamais pathétique) d'un homme en éveil découvrant peu à peu les codes de sa propre réalité.
D'un sordide quotidien tangible mais intelligemment mis à épreuve, l'oeuvre chétive de Rolf De Heer confine au chef-d'oeuvre car elle est finalement belle à en pleurer, dévouée à se réconforter dans les bras des plus désoeuvrés, des incompris et des athées.
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Messagepar lirandel » 07 Novembre 2011, 19:08

De la balle , de la poudre , de l'or en barre, du diamant brut serti sur une
bague à l'orteil, un oeil de verre polie salement aiguisé, une promenade
au fil des neurones , un sentiment de fraicheur, un sexe mal ajusté, un orifice contraint dans un océan d'ingénuité, un prêtre passant des portes (the doors), étouffement de bulbes , matraquages de neurones, sourires
jaunes et mauves, apoplexie de l'existence, brèche sur le monde,fatuité des morales, expérience d'amour , blues de la vérité crue, symboles recentrés,
allégeance aux gros seins, torture, affliction et rédemption, mentalement digne de figurer sur les bonnes étagères de tout cinéphile.

11/10

Merci bruno pour cette balle de 9 mm que j'ai reçue entre les deux yeux.
Salaud tu me le paiera....
:D :D :D :D
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Messagepar ottorivers » 10 Novembre 2011, 06:43

C'est vrai que c'est tout bonnement un chef d'oeuvre, je l'avais vu il y a un bail (il date de 1993 quand même) et du coup le post de Bruno m'a rappeler qu'il fallait que je le revoie. Et bien il est toujours aussi bon.
Je conseille à tous de l voir même si le début hyper dur peut rebuter certains, il faut continuer car le reste du film est différend et on ne le regrette pas.
10/10

J'adore la musique du groupe et j'aimerai bien la trouver hélas il semble qu'il n'y ait pas de B.O du film.
Si Lirandel a des infos... (Je sais que tu aimes aussi la zik donc sait on jamais). ;)
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Messagepar lirandel » 11 Novembre 2011, 10:17

Eh oui hélas c'est là qu'est l'os, j'ai eu beau trainer mon groin dans les replis les plus intimes de la toile, mais rien n'y fait, il semble qu'il n'existe pas de BO pour ce film.
A part les quelques bribes présentes sur UTUBE.


Tiens , pendant que je te tiens par la barbichette ,

Aurais tu souvenir d'avoir vu une VHS de " the slayer" 1982 de J.S.Cardone
sur l'hexagone par hasard?

Il existe en DVD zone 2 , mais je me souviens pas l'avoir trainer sur les étagères de nos videoclub d'époque.
en allemagne si, si je ne m'abuse puisqu'il à été doublé .
"the slayer" über ales. ;) ;) ;)
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Messagepar Killjoy » 18 Décembre 2011, 10:22

BAD BOY BUBBY
Australie
1993
Drame psychologique
Synopsis :
Bubby est un homme d’une quarantaine d’années qui possède des troubles psychiatriques et du comportement proches de l’autisme.
Il vit avec sa mère qui lui impose une cadence de vie infernale, le laissant prostré et enfermé dans un endroit sordide, coupé du monde…
Bientôt le père refait surface et Bubby parvient à s’enfuir de sa tanière maudite…
Il fait la rencontre de musiciens dont il va très vite devenir l’égérie…
Les concerts et les virées nocturnes s’accumulent jusqu’au jour où Bubby … tombe amoureux !
Cela bouleversera sa vie…
Mon avis :
Rarement un métrage n’a provoqué autant d’ambivalence !
Autant la première partie est repoussante, abjecte et dénuée de la moindre compassion envers le spectateur, rien ne lui est épargné ! inceste cradingue, apologie du sale et de la pourriture, chats torturés et étouffés avec un film plastique, pisse, merde, vomi et dialogues orduriers… bref on a droit à tout au niveau de l’infamie, un peu comme si le réal cherchait à tout prix à décontenancer et choquer quoiqu’il advienne…
Mais il n’en est plus rien dès la « libération salvatrice » de Bubby, le personnage principal !
On assiste à la jovialité d’un homme qui retrouve un sens à son existence et qui peut enfin laisser aboutir ses envies, mises en exergue par un don au chant et à la musique…
Et là le film prend ENFIN tout son SENS !
Appuyé par des cadrages léchés de toute beauté et un sens de la réalisation incroyable, on est alors pris dans un dédale, un itinéraire peu commun à ce que l’on avait vu auparavant !
La rencontre de deux handicaps (l’autisme et la myopathie) s’avèrera rédemptrice et véritable levier vers l’amour fou, tremplin d’une vie morne vers une vie passionnée et doté d’un véritable sens !
Malgré quelques petites incohérences, on est simplement scotchés devant cette histoire attachante et à la limite du film fantastique !
Nous aurons en mémoire pendant longtemps cette histoire de Bubby, sorte de Forrest Gump puissance 10 000, à l’humanité retrouvée et amplifiée par le cinquième élément qu’est l’amour !
Ceci étant il faut prévenir le spectateur sur l’aspect hermétique du film, qui risque d’en rebuter plus d’un !
Passée cette considération, on sera unanime sur la mise en scène (d’ailleurs « Bad Boy Bubby » a obtenu une récompense au festival du film de Venise) et sur le jeu de l’acteur principal, ahurissant et habité par un rôle hors du commun et pas accessible à n’importe quel comédien !
OVNI absolu, véritable électrochoc à l’issue libérateur et d’une certaine façon apologie de la passion et de l’amour, « Bad Boy Bubby » reste une claque monumentale dont il sera difficile de se remettre !
A savourer (malgré les réserves émises sur la première partie, très extrême et à la provoc revendiquée et assumée)…
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