Je suis bouleversée
le téléphone a sonné et on m'a dit "Guillaume est mort".
"Guillaume, non, ce n'est pas possible! Pas lui!" Rétorquais-je.
Je le savais voué à un destin difficile mais quand on aime, on ne veut pas voir la vérité
et j'aime Guillaume comme un frère (je dirais toujours j'aime au présent.)
La vie est injuste quand la mort frappe à votre porte par un doux matin et fauche un homme si jeune. Il avait tant encore à nous apporter; à nous dire de part son talent d'acteur, sa sensibilité d'homme.
Je me souviens de notre première rencontre, c'était sur un bateau péniche sur la Seine, une amie, "une tornade", une star du cinéma français me l'avait présenté. Minuit avait sonné, les bâtiments de Paris étaient magiques sous la voûte étoilée d'une nuit d'été. Une coupe de champagne à la main, j'entendais les clappements de l'eau et le son de sa voix
naturellement, la conversation s'engagea sur tous les sujets dans une grande détente.
Nous parlâmes, entre autres, de protection animale (il était contre le port de la fourrure) et nous tombâmes d'accord sur la citation de Lamartine : "on n'a pas un cur pour les animaux et un pour les hommes, on a un seul cur ou rien du tout". Je me trouvais devant un homme sensible tout en étant un écorché vif, avec une révolte au fond de lui-même et une bonté d'âme à toute épreuve.
Je ne suis pas du genre à rester chez moi devant mon ordinateur ou ma télévision à manger des hamburgers, je vis à cent à l'heure et j'aime avant tout les sports extrêmes, de vitesse
forcément, un jour le destin marqua ma vie d'une nouvelle pierre noire et à mes côtés, à mon chevet, il y avait Guillaume
Aujourd'hui, je suis en pleine forme mais Guillaume est mort, c'est une partie de moi-même qui disparait
je souffre d'avoir perdu un ami, un frère. Je sais qu'un jour on se retrouvera mais le temps va me paraitre long.
En attendant, je penserai chaque jour à toi, mon être de Lumière, mon doux Guillaume au cur d'épines.
Tu vas me manquer.
Séléna

