127 Hours

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Messagepar BRUNO MATEI » 02 Février 2011, 17:31

127 HOURS
Réalisateur: Danny Boyle.
Année: 2010.
Origine: Angleterre / U.S.A.
Durée: 1H32.
Distribution: James Franco, Kate Mara, Lizzy Caplan, Amber Tamblyn, Treat Williams, Kate Burton, Darin Southam, Peter Joshua Hull, Elizabeth Hales, Tye Nelson

Date de sortie, France: 23 Février 2011. U.S.A: 5 Novembre 2010

FILMOGRAPHIE: Danny Boyle est un réalisateur britannique, né le 20 octobre 1956 à Manchester (Royaume-Uni). 1994 : Petits meurtres entre amis (Shallow grave) ,1996 : Trainspotting, 1997 : Une vie moins ordinaire (A Life less ordinary),2000 : La Plage (The Beach),2002 : 28 Jours plus tard (28 Days Later),2004 : Millions, 2007 : Sunshine, 2008 : Slumdog Millionaire, 2010 : 127 Hours, 2013 : 28 mois plus tard.

UNE HISTOIRE VRAIE.
Il faut d'abord souligner que Danny Boyle avait l'idée de mettre en scène cette incroyable histoire depuis plus de 4 ans.
C'est lui même qui s'est également entrepris à l'écriture du scénario avec la collaboration de Simon Beaufoy, d'après l'autobiographie Plus fort qu'un roc (Between a Rock and a Hard Place) d'Aron Ralston.
Il s'agit de histoire véridique de cet alpiniste américain âgé de 27 ans qui fut victime d'un accident durant une randonnée en mai 2003 dans le Blue Canyon dans l'Utah. Il resta bloqué dans une crevasse pendant précisément 6 jours et 5 nuits.

Un jeune alpiniste parti en randonnée dans les gorges de l'Utah va se retrouver emprisonné dans la crevasse d'un canyon, le bras coincé suite à l'éboulement aléatoire d'un rocher. Pris au piège et totalement éludé de présence humaine, Aron Ralston va tenter par tous les moyens de se sortir de cet épouvantable labeur.

Filmé à la manière d'un documentaire parmi la présence d'un seul acteur avec un unique décor restreint (en dehors de l'introduction avec l'intervention improvisée de deux jeunes quidams et les souvenirs remémorés ou hallucinations divagués par le héros), Danny Boyle nous emmène droit en enfer pour une leçon de courage et de survie improbable qui dépasse l'entendement.
Un parcours de survie atypique d'un alpiniste perdu au milieu de nulle part, une offrande d'un témoignage essentiel sur l'incroyable capacité humaine à dépasser ses propres limites et ainsi braver, défier la mort en s'y opposant coute que coute de manière acharnée.
Ce long calvaire de 127 heures octroyé à Aron Ralston se révèle sous la caméra de Danny Boyle une expérience humaine et viscérale d'une singulière intensité sensorielle. En multipliant les gros plans sur le visage chétif du héros, cette épreuve surhumaine cauchemardesque se révèle d'un tel réalisme tangible que l'on a l'impression nous aussi d'être retenu en otage, avec la complicité du héros enfoui dans le fond de cette crevasse, sans que nous puissions apporter un quelconque appui psychologique ou une potentielle aide physique.
Durant 1H30, nous allons vivre et subir les interminables minutes d'un homme seul plongé à l'intérieur d'un gouffre face à sa terrible destinée. Un athlète handicapé d'un membre mais engagé et déterminé à se battre jusqu'au bout, quelqu'en sera l'issue constatée.
Véritable introspection sur la thématique de la survie, la maitrise de l'esprit et la faculté de pouvoir s'adapter à une situation extrême en s'opposant délibérément contre la mort, Aron Ralston va tenter durant ses longues heures de se dépêtrer d'un piège inflexible. Et cela malgré ses contraintes lourdement réprimandées comme la solitude, la peur de l'échec et celle de la mort, l'anxiété, l'hypothermie, la déshydratation, la faim, la pluie, le corps en décrépitude et les hallucinations davantage palpables du fait de son organisme physique en faiblesse avancée à tel point que nous aussi, spectateurs, nous ne savons plus par intermittence où se trouve la part de réalité et de fiction.

James Franco est proprement époustouflant dans le personnage d'un alpiniste téméraire, d'une audace incongrue hors du commun ! Dans une prestance instinctive allouée à une dimension humaine sensitive, James Franco sait nous insuffler avec beaucoup de vérité l'impensable trajet d'un homme dubitatif et perplexe mais autant digne de courage prodige et d'une hargne castratrice. ATTENTION POILER !!!!! Une personnalité belliqueuse, un état d'esprit forgé par la foi en la vie victorieuse, un baroudeur de l'extrême engagé qui osera entreprendre en dernier recours un acte frénétique saugrenu qui pourrait lui sauver la vie. FIN DU SPOILER.

L'IMPORTANT EST DE NE JAMAIS DESESPERER.
Criant d'authenticité, claustrophobe en diable, suffoquant, sensoriel, pragmatique et épouvantablement viscéral, 127 Hours est une expérience humaine d'une richesse inaltérable. Un véritable hymne à l'optimisme, à la liberté d'aimer et d'embraser sa propre destinée. Un message humanitaire exemplaire mis en exergue sur l'emprise de pouvoir combattre ses échecs et ses démons auquel nous n'aurons qu'une seule envie, sitôt le générique clôturé : ingurgiter, restaurer et savourer notre vie personnelle pour chaque seconde qui nous rapproche de la fatalité de la mort.
Porté à bout de bras (c'est le cas de le spécifier !) par un acteur habité ainsi qu'une réalisation solide et inventive qui ne réfute pas certaines plages de poésie, ATTENTION SPOILER !!!!! ce film dur estomaquant se permet en dernier acte de bravoure une scène d'horreur quasi insoutenable (sans doute l'une des pires scènes apposées que l'on n'ait vu sur un écran depuis longtemps) mais qui ne sombre jamais dans la surenchère ou l'outrance complaisante. Danny Boyle ne faisant que montrer avec un réalisme effroyable l'hallucinante décision déterminante d'un homme prêt à envisager le pire pour son mince espoir de vie. FIN DU SPOILER.
Quand au final poignant, il reste un joli moment d'émotion cathartique permettant de nous rappeler à l'ordre que le bonheur du moment présent nous appartient à tous si l'on souhaite en profiter.
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BRUNO MATEI
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